Rencontre avec Angela et Lou, le duo créatif de 16b éditions

Lou Vegas est photographe et marseillaise, Angela Netchak est graphiste et parisienne. Ensemble, elles ont lancé la maison de micro-édition 16b éditions. Avec un ton humoristique, une esthétique kitch et beaucoup de second degré, elles montrent l’absurdité de situations générées par l’omniprésence du numérique et des réseaux sociaux. 

Lou Vegas est photographe et marseillaise, Angela Netchak est graphiste et parisienne. Ensemble, elles ont lancé la maison de micro-édition 16b éditions. Avec un ton humoristique, une esthétique kitch et beaucoup de second degré, elles montrent l’absurdité de situations générées par l’omniprésence du numérique et des réseaux sociaux. Le résultat est juste génial – impossible de ne pas se marrer en feuilletant « Des hommes et des bêtes » petit ouvrage qui réunit des photos de profil Tinder montrant des hommes en train de poser avec leur animal de compagnie. Ou de résister à la bougie de neuvaine personnalisée !

©16b Editions

Rencontre avec Angela et Lou – le duo de 16b éditions

– Comment vous êtes-vous rencontrées ? Et à quel moment avez-vous eu l’idée de créer votre propre maison de micro-édition ?

Nous étions toutes les deux étudiantes à la HEAR (Haute École des Arts du Rhin) à Strasbourg. En plus d’être camarades, on était colocataires. Du coup, après les journées à l’école, on se montrait souvent nos projets, nos sujets de recherche… et on tombait souvent d’accord sur ce qui nous plaisait dans l’objet édition, on partageait un goût pour la même esthétique kitsch et pour le même ton humoristique. Un jour, il y a eu l’appel à participation au salon Rebel Rebel, au Frac PACA (Marseille). C’était un dimanche soir, dans notre salon, et sur un coup de tête on a envoyé notre candidature en prétendant être une vraie maison d’édition, qui s’appellerait 16b (on habitait au 16b rue de Molsheim). On a été prises ! On a donc dû produire un peu dans le rush, assez de livres pour pouvoir les vendre lors du salon qui approchait à grands pas.

Bougie Jul ©16b éditions
Bougie Jul ©16b éditions

– Quel le premier projet de 16b éditions – celui qui a donné le ton à votre collaboration et vous a donné envie de continuer ?

Les premiers projets de 16b sont des auto-éditions, sous forme de maquettes que chacune avait réalisées durant les études et que nous avons éditées à l’occasion de notre première participation à un salon. Par exemple En mode philosophie, un catalogue de tee shirt à slogans dont nous proposons une traduction littérale, afin de mettre en avant l’absurdité de certains messages tendance, ou bien En attendant le réseau, une collection de captures d’écrans, réalisées lorsque les publications Instagram ne se téléchargent pas par manque de réseau, sont deux projets très représentatif du ton 16b, qui se veut cynique mais avec une pointe de poésie. Mais le projet qui a boosté notre motivation et fait connaître nos productions, ce sont sans aucun doute les bougies-selfie. A l’occasion du salon Rebel Rebel nous avions fait une proposition d’atelier : Sacré toi ! Un atelier de réalisation d’une bougie de neuvaine à votre effigie. Les visiteur.ses se prenaient en photo avec un selfie-stick sur un fond vert, puis de notre côté on préparait un autocollant kitsch avec leur selfie afin qu’iels repartent avec une bougie à leur effigie. L’idée était de faire matcher nos thèmes de prédilections : le détournement des images religieuses pour Angela, et le phénomène selfie pour Lou. L’atelier a cartonné , aujourd’hui les bougies selfies se font sur commande et sont disponibles en magasin, c’est un objet caractéristique de 16b dont nous sommes super fières car il touche un public très varié. C’est un objet représentatif de notre plaisir à jouer avec les images et l’autodérision.

Des hommes et des bêtes ©16b éditions
Des hommes et des bêtes ©16b éditions

– L’humour a une place centrale dans vos publications et vous permet d’aborder de nombreux sujets de société sans vous prendre au sérieux (on pense à « Des hommes et des bêtes » qui réunit des photos de profil Tinder, ou « Almost as good as the Original », un recueil de captures d’écrans de parodies de films pornos sordides mais tellement marrantes). Quels sont vos thèmes de prédilection ?

Vous avez assez bien ciblé notre travail ! On pourrait dire que notre sujet de prédilection principal est en effet la société contemporaine, et les phénomènes liés au fonctionnement de cette société actuelle : l’omniprésence du numérique, des réseaux sociaux, leur fonctionnement et leurs usages, mais surtout ce qu’on peut trouver d’absurde dans tout cela. Nous aimons beaucoup travailler à partir de collections, souvent nous nous intéressons à un sujet, tel que les parodies pornographique ou Greta Thunberg et sa médiatisation, ou encore les décorations de rétroviseurs, nous collectons des images, et nous tentons de penser à comment donner de la visibilité à ce sujet , dans ce qu’il a d’interrogeant et d’humoristique, de la façon la plus maline et accessible possible. Toujours en s’amusant sur la forme de l’édition ou de l’objet final.

©16b éditions
©16b éditions

– Vous devez bien vous amuser en élaborant vos projets, quel est celui qui vous a fait le plus délirer ?

En effet ce qui est super c’est qu’on a la chance de rigoler en travaillant ! L’exploration de la catégorie parodie des sites porno était quand même un moment particulièrement intense et absurde, chaque jour de nouvelles découvertes assez délirantes. L’édition du travail de l’artiste Juliette George : le flipbook Macron, l’amour la mort et le réseau, a occasionné beaucoup de fous rires. C’est un projet qu’on a adoré éditer, parce que chaque relecture des sélections de commentaires nous offrait de quoi se marrer. Tout ce qui a entouré ce projet était absurde et amusant. Par exemple pour le travail de couverture du flipbook, nous avons réalisé beaucoup d’essais en travaillant sur des portraits du président, et nous avons dû contacter des journalistes afin d’obtenir des droits d’exploitation pour certaines photos. Également lors de la promotion de l’édition lorsque nous avons organisé le lancement du livre, c’était toujours assez comique de devoir penser une communication avec le nom d’Emmanuel Macron qui ne passe pas pour une campagne électorale pro République en Marche.

– Pourquoi avoir choisi de vous installer à Marseille ?

Nous sommes un duo d’artistes, dont l’une est originaire de Paris et l’autre de Marseille. Lorsqu’on a fini les études, Lou avait déjà regagné Marseille et Angela aimait déjà beaucoup la ville. Du coup, on s’est rejoint là-bas, et on s’est remises en collocations aux Cinq Avenues. Nos brainstorming les plus efficaces se déroulent au petit déjeuner.

– Vous pouvez nous parler de vos prochaines publications ou événements à venir ?

Pour commencer 2023, on essaye de planifier à quels salons de micro-édition  participer (toujours une bonne excuse pour visiter des villes qu’on ne connaît pas, et rencontrer notre public !). On aimerait sortir un cahier de jeux de vacances 16b à l’été, et avant ça on a quelques projets d’exposition et de création collective qui sont encore confidentiels.. Mais qu’on a hâte de partager !


16b éditions

Partager:

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn
Ça moud, ça blend, ça torréfie du côté du Camas ! En quatre ans, la brûlerie Moka a su s’imposer...
Nichée en contrebas du parc Longchamp, la boulangerie Boni a délivré les habitants des 5 Avenues de la baguette industrielle....
Petite remontée dans le temps pour une grande descente sous-marine avec Matthieu Mas qui nous raconte l'improbable histoire du téléscaphe,...
Elle a rejoint l'équipe des Théâtres en 2008, et depuis, Marie-Julie Amblard accompagne les artistes, reçoit les publics, coordonne les...
Synthés, machines et guitare. Des textes en français. Le multi instrumentiste, connu aussi sous le nom de Charles Sinz, vient...
Dans ce minuscule repaire de siroteurs, c’est la poésie du cocktail que l’on vient chercher, celui que l’on aime boire...
Ça moud, ça blend, ça torréfie du côté du Camas ! En quatre ans, la brûlerie Moka a su s’imposer...
Cachée derrière le kiosque du haut de la Canebière, voilà une adresse japonisante tout en bouillon, panko, miso et… audace,...
Retour en haut