Rechercher
Plages du Prado à Marseille vues du ciel » · « Pelouses et plage du Prado avec la statue du David

Sous les pavés, la plage

Vous y bronzez, vous y faites du skate, vous y avez peut-être même décroché votre premier baiser (si vous aviez 12 ans dans les années 90). Mais saviez-vous que les plages du Prado sont faites… avec les entrailles du métro ? Petite histoire d'une plage qui n'existait pas.

Il y a des plages que la nature met des millénaires à sculpter. Et il y a celles du Prado, qu’on a fabriquées en une petite vingtaine d’années à coups de camions-bennes. Car oui, avant d’être le rendez-vous favori des Marseillais en mal de soleil, le Prado n’était qu’un mince ruban de sable coincé contre la route.

Une plage de 5 mètres

Jusque dans les années 1960, personne ou presque ne s’y aventure. Le banc de sable ne fait que 5 à 10 mètres de large, la route est juste derrière, et par gros coup de mistral, les vagues viennent carrément lécher la chaussée. Pour ne rien arranger, l’Huveaune, devenue un égout à ciel ouvert, se jette juste à côté.

Le grand projet de Gaston

En 1965, le maire Gaston Defferre a une idée : faire du Prado une vraie grande plage. Le projet est validé en 1968. Et pour gagner du terrain sur la mer, il tombe à pic : au même moment, Marseille creuse son métro. Des tonnes de déblais sortent des tunnels… et partent directement remblayer le littoral. Le banc de sable se transforme en un terre-plein de 200 mètres de large. Vous étendez donc votre serviette sur un bout de ligne 1 ou de ligne 2.

La première tranche, du Roucas-Blanc à l’Huveaune, ouvre à la fin des années 1970. On y plante des buttes de gazon, les fameuses « pelouses normandes », qui n’ont plus rien de normandes après cinquante ans de soleil marseillais. En revanche, les piscines et équipements sportifs imaginés sur le papier ne verront jamais le jour.

Avril 1992. Les finitions du chantier de l’escale Borély sur les plages du Prado.

L’Escale Borély, une tentative balnéaire

La deuxième tranche, plus au sud, arrive dans les années 1980, avec ses parkings et son pôle de Bonneveine. Mais son vrai point d’orgue, c’est l’Escale Borély, inaugurée en 1992 sous le maire Robert Vigouroux. Sur environ 25 000 m² face à la mer, une vingtaine de commerces s’installent : brasseries, restaurants, glaciers, boutiques et plages privées. En quelques étés, et pour quelques années, l’Escale devient l’endroit de tous les Marseillais·es, toute classe sociale confondue. Plus de trente ans après, le décor a pris un coup de vieux (à moins d’aimer le côté American Dream à la marseillaise) et son avenir est en suspens : la gestion du site, confiée par la Ville à la Sogima, arrive à échéance en 2026, et la Ville doit présenter un projet pour le littoral sud. En 2024, les commerçants ont même lancé une pétition pour sauver « le joyau de Marseille ». Affaire à suivre.

La prochaine fois que vous marcherez sur ces petits graviers, ayez une pensée pour les tunneliers.

Comment s’y rendre

Métro ligne 2 jusqu’à Rond-Point du Prado, puis bus 19 ou 83 jusqu’aux arrêts de la promenade Georges-Pompidou ou de l’avenue Pierre-Mendès-France. En vélo, stations Promenade Pompidou David, Mendès-France Huveaune et Escale Borély. Le bus 83 part aussi du Vieux-Port et longe la Corniche : le trajet est déjà une balade.

Partager:

Facebook
Twitter
Pinterest
LinkedIn
Dans le quartier des Antiquaires, le Grand Rouge a pris la place de l'ancien Directoire et coche toutes les cases...
Peint par Cézanne, habité pendant cinquante ans par le peintre François Aubrun, le Domaine Saint-Joseph s'ouvre enfin au public comme...
Une patinoire sous verrière, des affiches peintes à la main de plusieurs étages, un cinéma au toit ouvrant : la...
Jardin vue mer, izakaya méditerranéen, banh mi, pizzas au levain et bistrots de quartier : 2026 a été une année...
Vous y bronzez, vous y faites du skate, vous y avez peut-être même décroché votre premier baiser (si vous aviez...
Dans le quartier des Antiquaires, le Grand Rouge a pris la place de l'ancien Directoire et coche toutes les cases...
Peint par Cézanne, habité pendant cinquante ans par le peintre François Aubrun, le Domaine Saint-Joseph s'ouvre enfin au public comme...
Une patinoire sous verrière, des affiches peintes à la main de plusieurs étages, un cinéma au toit ouvrant : la...
Défiler vers le haut