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Fin de séance : les cinémas disparus de la Canebière

Une patinoire sous verrière, des affiches peintes à la main de plusieurs étages, un cinéma au toit ouvrant : la Canebière a longtemps été le Broadway de Marseille. Petite balade dans les salles obscures disparues (et parfois ressuscitées).

Pendant plus d’un demi-siècle, les cinémas de la Canebière on fait de Marseille une ville culturelle d’avant-garde. Aller « voir un film en ville », c’était forcément ici. On rembobine.

Le Palais de Cristal, et ses nombreuses renaissances

Tout commence par un music-hall. En 1880, le Palais de Cristal ouvre ses portes sur les allées de Meilhan, en haut de la Canebière : 1 300 m² de style Renaissance italienne et, au centre, une piste de patinage. Ravagé par un incendie en 1882, il renaît la même année avec 5 000 places. Mayol et Fernandel y font leurs armes. En 1927, il devient le cinéma le Colisée, puis le Pathé-Palace. Bombardé en 1944, reconstruit, il est découpé en sept salles en 1971, une première en France et en Europe. Il ferme en 1985 et abrite aujourd’hui… la faculté de droit (110-112 La Canebière). Objection, votre honneur.

Le Capitole, un cinéma qui prend la parole

Au 134, le Capitole s’installe en 1926 à la place du Grand Casino, un ancien music-hall. C’est la deuxième salle de France équipée pour le cinéma parlant. Édith Piaf y chante, les Allemands le réquisitionnent en 1943, les Alliés après eux. Sa façade, la plus longue de la Canebière, se couvrait d’affiches géantes peintes à la main. Devenu UGC Capitole avec huit salles, il ferme en 2007, et UGC quitte Marseille.

L’Odéon, rendu au théâtre

Au 162, l’Odéon naît en 1923 comme salle de spectacle, devient cinéma, accueille les revues marseillaises et Charles Trenet, puis s’offre en 1959 un écran courbe de 17 mètres pour les films en 70 mm. Argument massue de l’époque : l’air conditionné. Il ferme en 1987, et la salle est aujourd’hui consacrée au théâtre et à l’opérette. Une fin heureuse, pour une fois.

Et tous les autres

La liste donne le vertige : le Français, long et étroit ; le Cinéac, ouvert dès 10h et moins cher ; les Trois Salles, devenues le K7 ; le Raimu, près du Vieux-Port, recyclé en cinéma de strip-tease à la fin des années 1960 ; ou le Noailles, doté d’un toit ouvrant pour aérer les séances bondées, transformé depuis en caserne de pompiers. À deux pas, rue de Rome, le Rex et ses 2 000 places accueillaient en 1969 Gabin, Ventura et Delon pour l’avant-première du Clan des Siciliens. Tous ont fermé dans les années 1980, quand le public a filé vers les multiplexes de périphérie.

Sources : Tourisme Marseille, Palais de Cristal et Pathé-Palace · Salles-cinéma.com, le Capitole · Salles-cinéma.com, l’Odéon · Salles-cinéma.com, le Rex · Blog d’Alexandre Clément, cinémas de la Canebière · Les Variétés, dossier 2024

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