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Manger les images : au Mucem, une expo à dévorer des yeux

Dès le 28 octobre, le Mucem nous convie à un drôle de festin. Hosties, pains sculptés, gâteaux d’amour et soldats en chocolat : on vous sert tout ce qu’il faut savoir sur l’expo la plus gourmande de la saison.

Avaler une image plutôt que de la regarder ? L’idée a de quoi surprendre, et pourtant on le fait depuis l’Antiquité. Le lapin en chocolat de Pâques, la fève de la galette, le gâteau d’anniversaire à l’effigie de notre héros préféré… Sans le savoir, nous sommes tous un peu « iconophages ». C’est tout le propos de cette nouvelle exposition du Mucem, qui investit les 1 200 m² du niveau 2 du J4 jusqu’au printemps.


Michel Tournier et Danièle Bour, Pierrot ou les secrets de la nuit, 1979, p. 37. Livre illustré. Collection particulière © Editions Gallimard, photo : David Giancatarina.

Aux fourneaux, deux commissaires qui connaissent leur sujet sur le bout de la langue : Jérémie Koering, professeur à l’université de Fribourg et auteur du très remarqué Les iconophages. Une histoire de l’ingestion des images (Actes Sud), et Raphaël Bories, conservateur au Mucem, responsable du pôle Croyances et religions. Leur question : pourquoi, en Europe et en Méditerranée, a-t-on toujours eu envie de croquer les images ?


 Francesco Eramo, mostacciolo, diable, années 1990 et 2000, Soriano Calabro, Italie. Biscuit de miel et farine, 129 cm x 64 cm x 1,29 cm. Mucem, Marseille © Mucem / Marianne Kuhn

Pour se soigner, se protéger, apprendre, résister, jouer, rêver… ou tout simplement faire la fête ensemble. Au menu : 430 œuvres et objets, dont 250 sortis des collections du Mucem. Des pièces qui dorment d’habitude dans les chambres froides des réserves, à l’abri des regards (et des gourmands) : gaufres et hosties, moules médiévaux, amulettes égyptiennes, pains votifs, mets sculptés… On craque pour le « gâteau d’amour » serbe des années 1970 en une de cet article et pour les mostaccioli, ces biscuits ex-voto venus d’Italie du Sud. À leurs côtés, des prêts prestigieux du Louvre, du Prado, du Quai Branly, du musée de Cluny et de la BnF, qui prête à elle seule 42 pièces.


 Irène Schwartz, Le jour où j’ai été mangée, 1978-
1983. Photographie utilisée pour le carton d’invitation aux performances I et II. Avec l’aimable autorisation de l’artiste © Thomas Haley, 1979

Le parcours se déguste en quatre services. On commence par les « Imaginaires de l’ingestion », où l’on découvre qu’avaler un texte ou une image a longtemps été une manière d’acquérir le savoir. Ensuite, les « Images salvatrices », qui guérissent et protègent, avant de s’attarder aux « Banquets d’images », ces gâteaux, confiseries et sculptures comestibles qui scellent mariages, naissances et fêtes collectives. Le dessert revient aux artistes contemporains, qui font de leur bouche et de leur corps un outil de création. Mention spéciale aux soldats en chocolat de Micha Laury, aux photos de Gali Eytan réalisées pour l’occasion et à une œuvre de Léa Belooussovitch montrée pour la première fois.


Mostaccioli ex-voto, bras, buste, jambe, vers
1977, Soriano Calabro, Italie. Biscuit de miel et farine, aluminium. Mucem, Marseille, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, collection d’ethnologie d’Europe © Mucem / Marianne Kuhn

Et parce qu’une telle expo ne se vit pas le ventre vide, le Mucem a concocté une programmation bien garnie : portes ouvertes gratuites le dimanche 1er novembre avec ateliers culinaires et sculptures en sucre, bal des gourmands pour les enfants le 16 décembre, banquet-spectacle en famille les 30 et 31 décembre, ateliers « Gâteaux d’art » chez Bouillant avec le chef Alexandre Mazzia pendant les vacances de Noël… Bref, il y en a pour tous les appétits.

Une seule mise en garde avant d’y aller : ici, vous risquez d’avoir les yeux plus gros que le ventre !

Manger les images, du 28 octobre 2026 au 12 avril 2027 au Mucem (J4, niveau 2),
7 promenade Robert-Laffont, 13002 Marseille.
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 19h (fermé le 1er mai et le 25 décembre). Plein tarif 11 €, réduit 7,50 €, billet famille 18 €, valable pour toutes les expositions du musée. Réservation sur mucem.org. Portes ouvertes gratuites le dimanche 1er novembre, de 10h à 18h.

Complément crédit de l’image à la une : Dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, collection d’ethnologie d’Europe.

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